Les 4 Lauréats de l'AAP 2019

4 projets Lauréats de l’Appel à projets 2019 sur le thème « Recherche sur les pathologies cérébrovasculaires hors phase aiguë "

La phase aiguë est définie comme les premiers jours après un AVC .

Le 13 juin 2019, le Comex de la Fondation a validé le financement de 4 projets de recherche évalués par des experts internationaux et sélectionnés par le conseil scientifique sur la base de leur excellence scientifique et de leurs bénéfices potentiels pour les patients.

Le montant total de la dotation de 311 000 € va permettre le financement de 4 projets de recherche : 2 en recherche clinique et 2 en recherche non clinique.

Le Professeur Isabelle BONAN de l'équipe EMPENN  u1148 (ex visages) de l'université de Rennes 1 / CHU de Rennes avec son projet de recherche clinique « Effet d'un neurofeedback bimodal couplant EEG et IRM fonctionnelle sur la motricité du membre supérieur après AVC, un essai randomisé contrôlé »

Résumé du projet : 1. Pourquoi ce projet de recherche : Aujourd’hui, moins d’un patient sur deux récupère une motricité du bras suffisante pour être utilisé dans la vie quotidienne après un AVC. L’idée du projet est d’apprendre à des patients victimes d’AVC à contrôler leur activité cérébrale pendant les séances dans des régions clés du cerveau impliquées dans la motricité du bras et de la main en leur envoyant un message visuel positif dès qu’ils activent la bonne région. Le projet HEMISFER combine deux techniques de recueil d’activité cérébrale complémentaires ; L’EEG déjà utilisé couramment dans ce but et l’IRM fonctionnelle qui donne une bien meilleure définition spatiale des activations. Nous sommes les premiers dans le monde à appliquer chez 36 patients victimes d’AVC cette méthode d’apprentissage en neurofeedback combiné comprenant 20 séances, 2. L’objectif de l’étude : Guider la plasticité du cerveau visant à réorganiser les activations cérébrales vers les zones épargnées par la lésion d’AVC afin d’améliorer la motricité du membre supérieur grâce à un dispositif innovant, 3. Quels bénéfices patients attendus à court, moyen ou long termes ? Amélioration du contrôle moteur du membre supérieur après un AVC pour une meilleure autonomie à la fin du protocole de rééducation

Montant : 85 000 €. Durée du projet  : 2 ans

Le Docteur Lucie Hertz-Pannier de l'équipe UNIACT/inDEV U 1141 (Neurospin) du CEA Paris-Saclay avec son projet de recherche clinique « AVCnnADO. Devenir adolescent après un AVC précoce: Étude longitudinale de la cohorte AVCnn en neuropsychologie et IRM avancée ».

Résumé du projet : La survenue d’un AVC à la naissance est rare mais source de handicaps pour toute la vie. Toutefois, l’immaturité du cerveau du petit est connue pour favoriser la plasticité cérébrale, et l’évolution clinique des enfants est réputée plus favorable qu’après un AVC équivalent chez l’adulte.

Pourrons-nous un jour prédire fiablement l’évolution motrice et cognitive d’un nouveau-né qui vient d’avoir un AVC ? et ainsi mieux ajuster son accompagnement thérapeutique et (ré)éducatif tout au long de sa jeunesse jusqu’à l’âge adulte ? La cohorte AVCnn (100 nouveau-nés avec un AVC) a été constituée entre 2003 et 2006 en France pour étudier l’évolution de ces enfants. Lorsqu’ils ont eu 7 ans, ils ont été inclus dans une recherche en IRM cérébrale avancée pour étudier les liens entre l’AVC néonatal, l’évolution clinique, et la réorganisation cérébrale des réseaux moteurs et cognitifs. A 7 ans, tous les enfants étaient capables de marcher mais 1/3 avait une hémiplégie, prédite par la localisation de la lésion, et sans importante plasticité des réseaux moteurs. Tous les enfants communiquaient bien verbalement, mais la moitié présentait des anomalies subtiles du langage pouvant induire des difficultés de scolarisation. Les réseaux de langage étaient réorganisés dans l’hémisphère droit en cas d’AVC gauche, avec une diminution de la connectivité entre les 2 hémisphères. Ce projet est de poursuivre l’évaluation longitudinale de ces patients devenus adolescents, en combinant à nouveau neuropsychologie et IRM de l’architecture des réseaux moteurs, du langage, et des fonctions visuo-spatiales et exécutives, en comparaison avec un groupe d’adolescents contrôles. L’adolescence est une période charnière, avec des changements comportementaux majeurs sous-tendus par d’importants changements cérébraux, et avec une forte augmentation des exigences sociales, académiques et pré-professionnelles. Nous souhaitons mieux comprendre l’évolution des déficiences/capacités de ces adolescents à l’échelle individuelle (intérêt majeur du suivi longitudinal) et à l’échelle du groupe, leur répercussion sur la scolarisation, la formation professionnelle et la qualité de vie, ainsi que l’évolution de la réorganisation de l’architecture des principaux réseaux cérébraux. Ce projet ambitieux et innovant par le double suivi clinique et en imagerie sur plus de 15 ans d’enfants avec un AVC précoce constitue une fenêtre unique sur la plasticité cérébrale à long terme, dont les résultats vont permettre d’affiner le pronostic individuel, et de personnaliser les prises en charge pour favoriser le meilleur développement fonctionnel possible. Il permettra aussi de développer des méthodes d’analyse longitudinale en imagerie pour mieux évaluer les conséquences à long terme d’un AVC sur l’architecture cérébrale. 

Montant : 85 051 €. Durée du projet : 3 ans

Le Docteur Matthieu PEYRE de l'équipe CRICM INSERM U1127 de l'Institut du Cerveau et de la moëlle à Paris avec son projet de recherche non clinique « Screening et validation fonctionnelle des mutations de la voie Pi3k/AKT dans les cavernomes sporadiques ».

Résumé du projet : Les cavernomes sont des malformations vasculaires cérébrales à l’origine d’AVC hémorragiques localisés qui peuvent causer des épilepsies et s’accompagner de lourds handicaps. Ils sont habituellement traités par la chirurgie mais sont parfois inaccessibles et il n’existe actuellement pas d’autre traitement pour ces malformations. Les cavernomes peuvent survenir de manière isolée ou dans le cadre d’une maladie génétique familiale. Les mutations survenant dans un contexte familial sont bien connues mais la génétique des cavernomes isolés, qui représentent jusqu’à 90 % des cas, et peuvent concerner jusqu’à 1 personne sur 200, est en revanche mal connue. Des mutations de gènes habituellement impliqués dans le cancer ont récemment été découvertes dans les malformations vasculaires extra-cérébrales. Sur la base de ces résultats et de 2 nouveaux modèles souris génétiquement modifiés de cavernomes développés dans notre équipe, nous émettons l’hypothèse qu’une partie des cavernomes sporadiques est liée à des mutations des gènes de la voie Pi3k-AKT-mTor, habituellement impliquée dans le cancer. Nous allons donc réaliser une analyse génétique de cette voie dans 50 cavernomes sporadiques. La voie PI3K-AKT-mTor est très étudiée dans le cancer et des traitements ciblés sont déjà disponibles qui ont montré leur efficacité dans le cancer du sein et les syndromes d’hypercroissance. Nous réaliserons donc un essai pré-clinique dans notre modèle souris, avec un inhibiteur de PI3Ka. Nos résultats pourraient ouvrir de nouvelles perspectives dans la génétique des cavernomes et permettre le développement de thérapies ciblées pour les patients atteints de cavernomes isolés.

Montant : 56 000 €. Durée du projet : 2 ans

Le Docteur Zsolt LENKEI de l'équipe DYNAMIQUE ET STRUCTURE NEURONLE de l'Institut Psychiatrie et Neurosciences de Paris avec son projet de recherche non-clinique «  Cibler l'actomyosine pour augmenter la plasticité et la régénération neuronale après un AVC »

Résumé du projet : 1. Pourquoi ce projet de recherche ? : L’accident vasculaire cérébral (AVC) constitue une cause majeure de handicap physique et de décès dans les pays occidentaux. Malheureusement les options thérapeutiques restent limitées. Des études ont montré que la voie RhoA/ROCK, un régulateur majeur de la structure neuronale, est activée après l’AVC et que l’inhibition de l’enzyme ROCK est neuroprotectrice dans le cerveau post-AVC. Cependant des effets secondaires ont empêché jusqu’à maintenant l’exploitation thérapeutique de cette voie. Pour ce projet, nous proposons l’évaluation expérimentale d’une stratégie thérapeutique innovante en ciblant spécifiquement la myosine non-musculaire (NMII), un effecteur majeur de l’enzyme ROCK, 2. L’objectif de l’étude : Nous proposons d’évaluer l’action, d’abord dans des modèles expérimentaux cellulaires puis dans un modèle expérimental de l’AVC chez la souris, de deux nouveaux composés, développées dans notre laboratoire, qui ciblent spécifiquement la myosine non-musculaire. Puis dans un deuxième temps, nous utiliserons un nouveau mode original d’imagerie fonctionnelle cérébrale, utilisant des ultrasons ultrarapides, 3. Quels bénéfices patients attendus à court, moyen ou long termes ? Cette étude permettra d’ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques pour l’amélioration de la neuro-régénération post-AVC en limitant d’éventuels effets secondaires du traitement grâce au ciblage spécifique d’acteurs de la voie contractile

MONTANT : 84 700 €. Durée du projet : 2 ans